L'émission explore la tendance croissante de regarder des films en vitesse accélérée. Tom révèle qu'un festival québécois a récemment diffusé "Amour Apocalypse" à 1,5 fois sa vitesse normale, réduisant sa durée d'1h40 à 66 minutes. Cette initiative vise à s'adapter aux habitudes de consommation rapide des jeunes générations, habituées aux plateformes comme TikTok et YouTube. Cependant, cette pratique divise. Les professionnels du cinéma dénoncent une dérive, estimant qu'accélérer un film altère son rythme, son intention et son émotion. Des recherches suggèrent qu'une légère augmentation de la vitesse (x1,5) ne nuirait pas à la compréhension, mais un rythme plus élevé (x2) affecterait la mémorisation en supprimant les pauses naturelles. Les animateurs débattent de l'opportunité d'accélérer les films connus versus ceux découverts.
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Claire, net, précis.
Ce matin, Tom, tu nous emmènes au cinéma avec une habitude un peu particulière qui divise en ce moment. C'est le moins qu'on puisse dire, Vincent. Déjà, le cinéma en tant que tel peut diviser sur plein d'aspects: entre ceux à qui il ne faut absolument pas parler pendant le film, ceux qui mangent ou ceux qui sont pro 3D. Chacun a ses petites madeleines de Proust. Vous, c'est quoi la vôtre au cinéma? Qu'est-ce que vous aimez bien?
Moi, j'aime bien une petite glace, des petits nachos. Un Coca Zéro, j'en bois rarement mais au cinéma j'en prends un. Et regarder des films en accéléré, est-ce que c'est quelque chose que vous faites ou pas spécialement? Pas du tout non. Non, mais j'ai déjà cliqué sur «fois deux» pour Plus Belle la Vie.
Si je vous demande ça, c'est parce que la semaine dernière un festival québécois a tenté l'expérience de diffuser un film en vitesse 1,5. Le film en question, c'est Amour Apocalypse. À la base, ce long-métrage dure 1 heure 40. Mais du coup, diffusé en 1,5, la durée du film est ramenée à 66 minutes, soit 1 heure 6. On peut dire que ça n'a pas plu à tout le monde.
Mais c'est quoi le but? Pourquoi faire ça? L'objectif de cette expérience est de s'adapter aux modes de consommation des jeunes générations, de faire évoluer, de dépoussiérer un univers qui est en perte de vitesse. C'est vrai, les salles de ciné sont toujours plus vides. L'une des pistes pour attirer les plus jeunes, habitués à consommer des contenus rapides sur TikTok et YouTube notamment, c'est de leur proposer des contenus comme ils ont l'habitude de les consommer. Aujourd'hui, tout se consomme plus rapidement. L'attention des spectateurs, notamment chez les 14-29 ans, est de plus en plus fragmentée. Certains reconnaissent même ne plus regarder un film sans consulter leur téléphone ou faire autre chose en parallèle.
Oui, oui, j'avoue des fois je le fais mais par contre pas au cinéma. Cette adaptation ne fait pas l'unanimité, notamment chez les professionnels du cinéma qui dénoncent une dérive. Pour eux, accélérer un film revient à en altérer le rythme, l'intention, voire l'émotion. Je vous propose qu'on fasse l'expérience ensemble. Je vous ai sélectionné un passage de film. J'ai choisi le film Gladiator avec Russell Crowe. Voici un extrait en vitesse normale:
[Extrait audio du film Gladiator à vitesse normale]
Là, tu sens toute la tension dans la voix, tu sens qu'il y a un climat qui se crée, une ambiance. Voilà, là c'était pour la version originale, en tout cas en version française. Maintenant écoutez ce même extrait mais en accéléré, en 1,5:
[Extrait audio du film Gladiator accéléré x1,5]
Voilà, chacun se fera sa propre idée. En tout cas, ça a le mérite de bousculer. C'était un peu l'objet d'ailleurs de cette expérience en réalité. Mais est-ce que pour autant ça nuit réellement à notre compréhension sur un extrait de 20 secondes? Sans doute pas. Mais sur un film d'une heure et demie, c'est pas pareil.
D'ailleurs, plusieurs chercheurs se sont penchés sur les effets des vidéos accélérées sur notre cerveau. Ils ont montré qu'une légère augmentation de la vitesse, autour de 1,5, ne semble pas nuire à notre compréhension. Par contre, des rythmes plus élevés, par exemple fois deux, entraînent en revanche une baisse significative de notre mémorisation. La principale fautive, c'est la disparition des pauses naturelles dans le discours qui sont essentielles pour assimiler l'information.
Luc, je suis ton père!
Non! Voilà, c'est terminé.
Merci Tom. Autant pour un film que tu connais, que tu as envie de te revoir — tu t'en connais les dialogues, le climat, etc. — je dis pourquoi pas. Mais alors un film que tu découvres... Oui, un film que tu connais bien, tu peux, mais si tu le connais pas trop, bof. Est-ce que vous seriez prêts à le faire? Dites-le-nous. Vous en pensez quoi? 079 548 3.


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