Une étude scientifique révèle une baisse significative de nos interactions orales. Entre 2005 et 2019, le nombre moyen de mots que nous prononçons chaque jour a chuté de 28%, passant d’environ 16’000 à moins de 12’000. Les principales raisons de ce phénomène sont le télétravail, qui limite les échanges directs entre collègues, et surtout l’omniprésence des smartphones. Nous privilégions désormais la communication écrite (messages, réseaux sociaux), ce qui érode les conversations spontanées du quotidien. L’impact est concret: une mère consultant son téléphone adresse 16% de mots en moins à son bébé. Même les appels téléphoniques diminuent, notamment chez les jeunes atteints de "téléphonophobie", la peur d'une réponse immédiate.
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On apprend des choses tous les matins avec toi Tom. Nos interactions sociales sont de moins en moins nombreuses et ça se ressent sur le nombre de mots qu'on prononce au quotidien.
Les chiffres sont unanimes Vincent. Entre 2005 et 2019, le nombre de mots qu'on a prononcé en moyenne par personne et par jour a diminué de 28%. L'étude est sortie en mars dans une revue scientifique américaine qui s'appelle *Perspective on Psychological Science*. Ce que nous montrent les chercheurs est assez édifiant: en 2005, on prononçait environ 16’000 mots quotidiennement. En 2019, on est passé sous la barre des 12’000. Concrètement, on estime que d'une année à l'autre, c'est plus de 300 mots en moins qui sortent de notre bouche tous les jours.
Le delta est énorme! Comment ça se fait?
Les scientifiques émettent plusieurs hypothèses. Il y a déjà la présence de plus en plus répandue du télétravail, qui nous isole et qui réduit les échanges directs entre les collègues. Et puis l'autre raison, je suis sûr que vous y avez tous pensé immédiatement, c'est le téléphone. Dans un monde ultra-connecté, on s'échange des messages, des photos, on se demande des nouvelles, on commente, on s'envoie des vidéos sur les réseaux sociaux. Mais tout le temps qu'on passe à s'écrire est du temps qu'on ne passe pas à se parler en vrai.
Le journal *24 heures* parle par exemple de ces petits moments du quotidien qui sont en voie de disparition. Ces conversations à l'arrêt de bus qui disparaissent; désormais, on se connecte sur son application et on regarde les horaires en temps réel. Idem aux caisses des supermarchés, où on peut désormais payer même sans adresser le moindre mot. Et ça, c'est scientifiquement prouvé. Une étude avait d'ailleurs été menée en 2024 sur l'impact des téléphones sur les jeunes mamans. Elle a montré que lorsqu'une mère consulte son téléphone, c’est 16% de mots en moins qu'elle adresse à son bébé.
C'est fou quand même! Mais alors attends, pourtant, avec le téléphone on peut s'appeler. Moi hier, j'étais au téléphone avec ma cousine. Au final, ce sont quand même des conversations qu'on a avec des gens, non?
C'est très juste, sauf que même s'appeler, c'est quelque chose qui se fait de plus en plus rare. Ça coïncide avec une tendance qui s'observe de plus en plus chez les jeunes: la téléphonophobie. Comprenez la peur de répondre au téléphone. Un quart des jeunes ne veulent plus répondre au téléphone, notamment parce que les appels induisent une réponse immédiate, sans le temps de réfléchir, contrairement aux messages qui laissent l'opportunité de se poser sur sa réponse et de choisir ses mots. Mais qui dit moins d'appels, dit fatalement moins de mots prononcés dans sa journée, car les mots utilisés par message ne sont évidemment pas pris en compte.


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