Le canton de Vaud a introduit l'interdiction des téléphones portables à l'école en 2019, une mesure adoptée par d'autres cantons pour réduire les distractions, l'absentéisme, le harcèlement et améliorer les résultats scolaires. Bien que 82% des Suisses soutiennent cette interdiction, une vaste étude menée aux États-Unis sur 40 000 écoles remet en question son efficacité. Elle révèle des effets secondaires inattendus: une augmentation des mesures disciplinaires et des conflits entre élèves. De plus, le bien-être des élèves en a pâti, avec une hausse du stress et de la frustration. Les experts suggèrent une introduction plus douce et progressive des réformes pour des résultats à long terme.
Résumé généré automatiquement à partir du contenu audio de l’émission.
Lire la transcription complète
Tom, tu t'es intéressé ce matin à l'interdiction des téléphones portables dans les écoles. La mesure se répand dans de plus en plus d'établissements. Vincent, le canton de Vaud a introduit l'interdiction des téléphones à l'école il y a sept ans déjà, en 2019. Plusieurs cantons ont suivi avec un objectif: réduire les distractions, l'absentéisme, le harcèlement et, si possible, améliorer les résultats.
Cette mesure est soutenue par une majorité des Suisses: 82% des personnes interrogées se sont montrées favorables à cette interdiction, selon un sondage de l'Institut Sotomo. La question désormais est de savoir si elle est réellement efficace. La réponse est que ce n'est pas vraiment le cas, selon les conclusions d'une gigantesque étude menée aux États-Unis. 40 000 écoles ont été analysées, ce qui en fait la plus vaste étude sur le sujet.
Les chercheurs ont constaté que l'interdiction des téléphones portables dans les écoles a eu des effets secondaires inattendus. Par exemple, dans les établissements où les règles sont strictes, avec des étuis verrouillables bloquant l'accès au téléphone portable durant toute la journée, les mesures disciplinaires ont nettement augmenté la première année.
L'un des facteurs avancés par les chercheurs est que lorsque les élèves sont privés de leur smartphone, ils cherchent d'autres sources de distraction ou multiplient les conflits avec leurs camarades, entraînant une augmentation des débordements et des comportements déplacés. De plus, 24 heures, qui se fait le relais de l'étude, explique qu'au-delà de l'aspect disciplinaire, le bien-être des élèves en a également pâti. Beaucoup ont signalé une augmentation du stress et de la frustration durant la première année qui a suivi l'interdiction. C'est un camouflet pour une mesure sur laquelle reposait beaucoup d'espoir.
La solution n'est pas de réintroduire les téléphones. C'est plus complexe, car si la mesure n'apporte pas de résultats à court terme, il est possible qu'elle en apporte à long terme. Si la mesure ne satisfait pas aujourd'hui, c'est aussi pour plusieurs raisons, explique l'un des auteurs de l'étude: les réformes sont souvent introduites trop rapidement ou de manière trop stricte, ce qui conduit souvent à leur abandon. Il est conseillé de les introduire en douceur et de ne pas être trop pressé pour récolter les fruits des changements.


0 commentaires